Les relations de travail...au-delà des conventions collectives
Volume 12 No. 2 Hiver 2010 |
|

5. Grandeur et misère des relations de travail Sonia Daoust, coordonnatrice à l’administration, Fédération des établissements d’enseignement privés
7. Le cadre… entre l’arbre et l’écorce Jean Perron, président-directeur général, Association des cadres des collèges du Québec
10. La convention collective…une bible ou un outil de travail ? Claude Mailhot, directeur des ressources humaines, Université Laval
14. Les relations de travail : des pratiques gagnantes au quotidien André Guérard, directeur, École secondaire de la Magdeleine, Commission scolaire des Grandes-Seigneuries
17. L ’autorité de la direction d’établissement Nancy Lauzon, professeure agrégée, Département de gestion de l’éducation et de la formation, Université de Sherbrooke
22. 50 ans de politiques publiques des universités au Québec Jean Bernatchez, politicologue spécialisé en éducation, Professeur-chercheur, administration et politiques scolaires, Département des sciences de l’éducation, Université du Québec à Rimouski
26. De la gestion de conventions collectives à une gestion humaine des ressources Guy Robitaille, directeur, Services des ressources humaines et de l’organisation scolaire, Commission scolaire des Premières-Seigneuries
30. Une expérience de concertation employeur-syndicat relative à la gestion de la masse salariale du personnel enseignant Céline Chagnon, directrice, école De Bourgogne, Commission scolaire des Patriotes
34. L’art des relations du travail – Confrontation ou coopération… Lucie Godbout, directrice générale, Association des cadres scolaires du Québec
36. La gestion des ressources humaines, par-delà les conventions de travail Louis Sicard, directeur d’école primaire
39. Les conditions de travail du personnel cadre des commissions scolaires au Québec Me Pierre Brun, associé, Grondin, Poudrier, Bernier, et procureur de l’ACSQ
41. À découvrir Nancy Lauzon, professeure agrégée, Département de la gestion de l’éducation et de la formation Université de Sherbrooke
|
|

Grandeur et misère des relations de travail
|
 |
|
Me Sonia Daoust, MBA, CRHA, coordonnatrice à l’administration des écoles, Fédération des établissements d’enseignement privés (FEEP)
C'est avec plaisir que nous introduisons dans ce numéro la chronique collaboration spéciale. Elle nous permettra de vous présenter des textes, pas nécessairement reliés au thème du numéro, mais portant sur des sujets suffisamment pertinents pour susciter votre intérêt et qui seront signés par des professeurs, chercheurs, professionnels et étudiants du secteur des sciences de l’éducation.
Parlant d’intérêt, nul doute que celui des relations de travail est attirant pour vous gestionnaires. En tant qu’ex-directrice des ressources humaines, aujourd’hui conseillère auprès de directions d’établissement, j’ai eu à vivre toute l’ampleur du côté humain que l’on retrouve derrière de simples mots tels que « les rela-tions de travail, au-delà des conventions collectives ». J’ajouterais « au-delà des contrats de travail en général, qu’ils soient négociés ou non ». Comment concilier les règles de gestion et les besoins, souvent contradictoires, des employés et des clients ? Comment adapter des conventions que l’on ne négocie pas en entier quand on travaille dans le secteur public, ou comment interpréter un texte que l’on a soi-même négocié lorsque l’on dirige un établissement privé ?
Traiter des relations de travail est un projet ambitieux ; on s’aperçoit rapidement que la réalité est plus diffuse qu’il n’y parait et qu’elle nous échappe même parfois. On vit les relations de travail plus qu’on y réfléchit. En fait, ce qui constitue les relations de travail au sein de notre organisation est souvent le résultat d’une longue suite de décisions, plus ou moins importantes ou réfléchies, qui s’additionnent les unes aux autres et s’échelonnent dans le temps. Dans cette chaîne d’événements, la négociation de la convention collective, dont le côté glamour est valorisé à tort ou à raison, n’est qu’une étape. Étape qui se nourrira de l’expérience des parties au quotidien. Si l’ouverture est présente chaque jour, elle le sera lors de la négociation. Si les frustrations s’accumulent parce que les sujets de préoccupations ne sont abordés que lors du renouvellement de la convention, alors les conflits seront inévitables.
En matière de relations de travail, outre l’ouverture, le gestionnaire doit faire preuve de plusieurs habiletés, certains qualifient même cette expertise « d’art ». La finalité consiste à découvrir ce dont a besoin un groupe de personnes, dont la caractéristique principale est de ressentir des émotions, pour travailler ensemble en harmonie et au service des élèves ou étudiants. Comment, d’une part, mobiliser l’énergie des troupes, faire en sorte que les gens aiment leur travail, soient à l’aise et responsables et, d’autre part, exercer un leadership sain offrant la marge de ma-noeuvre nécessaire à la réalisation des objectifs ?
Une convention collective ou un contrat de travail collectif ne devrait pas représenter un obstacle pour un gestionnaire, mais un outil, un guide qui dirige certains aspects de son action. S’il existe plusieurs façons de faire les choses, choisir le moyen en accord avec les ententes signées par les parties demeurera toujours la façon la plus respectueuse d’agir.
Pour réussir à établir sa crédibilité et développer des relations de travail harmo-nieuses, le gestionnaire doit travailler à la fois avec sa personnalité, ses valeurs, connaître celles de l’organisation, posséder les outils mis à sa disposition, avoir un rôle et des responsabilités claires et les exercer. Son métier ressemble à celui du funambule : seul sur un fil de fer, en équilibre, possédant l’expertise pour atteindre sa destination, un pas à la fois, fragile et vulnérable à l’environnement.
Les relations de travail s’écrivent à partir des expériences des gestionnaires qui les cons-truisent. Le comité éditorial vous propose des textes qui vont dans ce sens. Les articles sont personnels et leurs auteurs, passionnés. Surtout, ils n’échappent pas à ce qu’ils sont ni à ce à en quoi ils croient. Nous vous convions ainsi à un parcours dans lequel on constate la difficulté à prendre soin de soi professionnellement, à garder une juste distance, à tenter d’être à l’aise entre l’arbre et l’écorce, à bien saisir et exercer son rôle, à s’approprier les outils nécessaires à la gestion, à innover au risque de se tromper et à affronter les conflits qui permettent de consolider l’équipe.
En définitive, je pense que l’art des relations de travail consiste sans doute à transposer dans la réalité cette variation de la pensée de Saint-Exupéry sur l’amour, pour déclarer que « Les relations de travail ce n’est pas se regarder l’un l’autre, c’est regarder ensemble dans la même direction ».
Je vous souhaite le plaisir de la lecture et de la découverte et, bien sûr, celui de nous lire de nouveau dans le prochain numéro.
|
|